Garder les faits et les inconnues
Une étiquette, une notice de musée et les propos d’un vendeur ne parlent pas nécessairement du même objet. Notez exactement ce que chaque document établit. Une case vide vaut mieux qu’une provenance déduite de la couleur ou du style.
Un cartel d'exposition fournit une attribution dans un contexte précis. Pour le conserver comme document, relevez aussi le nom de l'exposition, son lieu et sa date. Ces informations évitent de confondre date de présentation et date de fabrication.
Les documents reçus avec un objet peuvent aider à comprendre son parcours, à condition de conserver leur origine et leur relation à la pièce. Une facture, une lettre et un cartel n'apportent pas le même type d'information.
Pour créditer une pièce réalisée à plusieurs, conservez chaque personne avec le rôle effectivement documenté. Une signature, un nom d'atelier et une déclaration de vente ne doivent pas remplacer la liste des contributions lorsqu'elle est connue.
Documenter un objet consiste à relier chaque information à sa source, sa date et son périmètre. Une fiche utile conserve aussi les inconnues et distingue fabrication, achat et collection.
Pour mesurer un objet artisanal, définissez d'abord ce que vous appelez hauteur, largeur et profondeur. Une dimension bien notée indique une orientation, une unité et les limites du relevé; elle ne doit pas exiger une manipulation inadaptée à une pièce fragile.
Une notice de musée réunit identification, datation, matière et historique. Pour en tirer une description, gardez chaque champ avec son niveau de certitude. Une localisation assortie d'un point d'interrogation ne doit pas devenir une provenance affirmée.
Pour documenter un objet artisanal, photographiez ce qui permet de retrouver une observation : vue d'ensemble, zones particulières et repère d'échelle. Une belle image peut servir une présentation; une série documentaire doit surtout permettre de comprendre où et quand chaque détail a été relevé.